Imed Ammar: «Comment Gfi Tunisie peut devenir Numéro 1 du digital»

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Imed Ammar CEO Gfi Tunisie

Rencontre avec Imed AMMAR CEO de Gfi Tunisie.

Quel est le processus historique qui a conduit au mariage entre Cynapsys et le Groupe GFI ?

Il est clair qu’il faut remonter à l‘année 2012 quand Cynapsys a atteint une certaine taille avec notamment un effectif de plus de 100 collaborateurs. Pour le marché tunisien c’est considérable. C’est une époque au cours de laquelle nous avons commencé à ressentir une certaine lourdeur dans le fonctionnement de l’entreprise et à ressentir tout le poids de la responsabilité s’agissant de la pérennité de son activité voire sa prospérité.  Cette perception des choses est d’autant plus justifiée dans la mesure où le marché IT se caractérise par une faible visibilité ce qui empêche souvent d’établir des planifications stratégiques qui vont au-delà de deux ou trois ans ! A moins de se positionner comme un éditeur de logiciel ce qui n’est pas exempt de risques.

Pour nous, la pérennisation de l’activité s’est traduite par un certain nombre de réponses, la multiplication des partenariats technologiques, la diversification des marchés, l’émergence de projets TMA (Tierce Maintenance Applicative) et de nombreuses autres pistes que nous avons explorées.  Mais ce qui nous faisait clairement défaut c’était l’absence d’un véritable partenaire technologique susceptible d’offrir de la pérennisation, de la visibilité et puis surtout des grands projets.

Comment avez-vous partagé cette préoccupation majeure avec les autres actionnaires ?

Oui tout à fait, j’ai partagé cette préoccupation avec les actionnaires, notamment les deux co-fondateurs de Cynapsys à savoir Selim Ben Yedder et Khaled Jerbi. Ces deux Germano-tunisiens, qui ont créé cette entreprise, m’ont recruté en 2005. Dans ce contexte on peut considérer 2016 comme une année charnière avec la croissance internationale de Cynapsys qui disposait depuis le siège de Tunisie d’une filiale en Allemagne et de trois filiales en France. Notre nouvelle organisation comprenait désormais des actionnaires de premier niveau et si on peut dire des actionnaires de second niveau. L’idée pour nous était de consolider la holding pour recomposer à l’échelle géographique notre organisation fonctionnelle et  actionnariale. Nous avions de ce point de vue de nombreux atouts pour devenir une grande organisation. Il ne manquait plus que de signer un partenariat durable avec un acteur majeur IT et de dimension internationale à l’instar par exemple d’Atos, Sopra, Cap Gemini ou GFI. Hélas et faute de consensus entre les 9 actionnaires de la holding, notre projet de consolidation n’a pas abouti.

C’est ici que le Groupe GFI entre en scène,  Et puis qui est GFI ?

En réalité GFI était notre client depuis 2008. C’est une ESN française fondée il y a plus de 30 ans. A partir de 2016 cette entreprise de culture française a entamé elle-même un processus d’internationalisation. Ce projet de transformation voit le jour au lendemain du rachat de GFI par un groupe d’investissement Qatari Mannai Corporation et qui est présent dans de nombreux domaines d’activités. Ce groupe d’investissement avait baptisé son programme boost 2020 pour GFI, avec pour objectif de faire partie du top cinq des ESN Françaises avec un footprint international. Ce projet de transformation global s’est articulé sur trois années, ce qui a débouché sur une présence internationale avec 60 agences dans 21 pays et plus de 20 000 collaborateurs.

Et donc Cynapsys devient GFI Tunisie?

Ça devient tout court un petit GFI. Pour la petit histoire l’effet décisif et déclencheur de cette acquisition c’est la proximité qui m’a lié au PDG du Groupe Vincent Rouaix, sans cela il n’y aurait pas eu de fiançailles et encore moins de mariage.  Selim Ben Yedder et Khaled Jerbi ont cédé leurs parts à des conditions avantageuses, tandis que moi j’acceptais le poste de CEO pour la filiale car cela correspondait parfaitement avec l’image que je me faisais de l’évolution ultérieure de ma carrière en tant que manager. Et je pense que nous avons bien réussi ce deal.

Comment s’est déroulé le processus de transformation ?

Mieux que prévu. A titre indicatif le chiffre d’affaire de la filiale Tunisie a doublé en un an avec 8 million d’euros. En 2018 nous avons recruté plus de 160 nouveaux ingénieurs pour passer à un effectif global de 260 personnes et plusieurs contrats CDI français. Sur le plan RH cette acquisition a ouvert pour nos ingénieurs de nombreuses perspectives de carrières internationales dans le cadre de plans de mobilité du travail. Cette acquisition a aussi pour effet d’augmenter la cote de Cynapsys puisque depuis, nous avons conclu de nombreux partenariats technologiques Microsoft, Sage, IBM….

Le rebranding aussi s’est déroulé dans de bonnes conditions en ce sens que le passage de Cynapsys à Gfi Tunisie n’a pas suscité de rejet ou de confusions que cela soit sur le plan de la marque que sur celui de l’identité visuelle.

Et en interne ?

En revanche le ralliement en interne se présente comme un processus un peu plus complexe. Il ya toutes sortes de pratiques qui changent en profondeur comme la comptabilité qui obéit aux règles du groupe, c’est aussi le cas de la partie RH avec de nouveaux process, la partie système, la partie Sales, ou encore la partie RGDP. La bonne nouvelle dans tous ces changements est que nous avons récupéré l’activité Recherche & Développement de BDOC l’éditeur de logiciel qui appartient à GFI France.  

Et en externe

Nous avons mis pied à Madagascar, ce qui n’était pas envisageable par le passé et de nouvelles grandes opportunités de marché se présentent devant nous avec notamment le déploiement d’une vaste stratégie Afrique. Désormais nous agissons avec une vision monde sans limite de budget de projets IT et indépendamment des complexités techniques des projets tout en s’appuyant sur l’expertise du groupe GFI.

Et qu’est ce qui a changé pour Imed AMMAR ?

Je suis fier de mon parcours. Fier d’avoir réussi un closing de cette envergure, que j’ai mené avec Gfi. Le grand changement pour moi, c’est d’avoir démarré à Tunis avec une TPE de 5 personnes, pour arriver aujourd’hui, à intégrer le management des 85 directeurs qui sont à la tête d’un groupe de 20.000 collaborateurs et présent dans 21 pays.   

GFI TUNISIE ( Ex Cynapsys) en 10 dates clés

2004 : Naissance de Cynapsys.

2007 : Faillite de Siemens Mobile (1er et seul client de Cynapsys) et ouverture de nouveaux marchés à l’international.

2009 : Naissance de la filiale française.

2011 : Cynapsys franchit le cap de 100 collaborateurs et consultants.

2012 : Cynapsys entre dans le capital de l’Université Sésame et reporte son 1er grand marché en Afrique.  

2013 : Naissance de la 2éme filiale française en Digital

2015 : Naissance de la filiale allemande.

2018:  Cynapsys devient GFI Tunisie

2018 :  GFI Tunisie double son chiffre d’Affaires et son effectif.

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