Exclusif : l’Ecole Canadienne de Tunis est-elle une menace pour le BAC tunisien ?

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Désinformation, manipulation de l’opinion, menaces lourdes de conséquences sur le système tunisien et sa souveraineté, c’est en ces termes que l’Ecole Canadienne de Tunisie se retrouve au cœur d’une polémique appelée à prendre de l’ampleur. Nos explications.

Le 14 mai 2018 un collectif composé de plusieurs directeurs d’importantes écoles privées tunisiennes adresse au Ministre de l’Education Nationale une lettre pour l’informer sur les dangers que représente une éventuelle équivalence de fait entre le DEC Canadien et le BAC tunisien.

La lettre adressée au Ministre Hatem Ben Salem, et dont Entreprises Magazine a pu se procurer une copie, se veut explicite « Nous tenons à attirer votre attention et vous sensibiliser à des tentatives de désinformation et des déclarations écrites qui peuvent être très lourdes de conséquences sur le système éducatif tunisien et qui peuvent porter atteintes à la souveraineté de la Tunisie.

« En effet Monsieur le Ministre, le 20 avril dernier, vous avez reçu la directrice du Collège de Maisonneuve à Montréal ainsi que des membres de l’ambassade canadienne et de l’Ecole canadienne de Tunis ECT. Il s’agissait de célébrer la signature d’une entente entre les deux institutions portant sur la délocalisation du DEC en Tunisie.(Le DEC est une formation préuniversitaire de 2 ans qui prépare aux universités québécoises.) »

Supercherie dangereuse et atteinte à la souveraineté

Quelques jours après cette cérémonie le site web officiel de l’Ecole Canadienne de Tunis http://www.ec-tunis.com/web/home/ect  publier dans la section cursus et tableau de correspondance ce qui suit : « 2. Equivalence DEC/ BAC tunisien : DEC et BAC tunisien se reconnaissent réciproquement comme équivalents »

Pour les auteurs de la missive a l’effet d’un coup de tonnerre dans le ciel de l’Education Nationale puisqu’aucun écrit où promesse n’a n’était faite dans ce sens par le ministère de l’Education. Les signataires de la lettre et représentés par la Fondation Bouebdelli, l’Ecole l’Intégrale, l’Ecole Ladghmani ainsi que le syndicat de la profession relevant de l’UTICA  dénoncent une supercherie dangereuse et une atteinte à la souveraineté du pays dans ce domaine. Il note : « Ce système du DEC présente trois grands dangers.

Tout d’abord Il n’y a pas de concours préparé par un ministère et qui est donné à tous les élèves en même temps et qui est corrigé de façon indépendante du collège. Le système de concours (tunisien ou français par exemple) garantit la transparence et l’honnêteté dans l’évaluation du niveau académique des élèves.

Le diplôme DEC est décerné sur la base de contrôles continus et peut être biaisé par l’institution ou les professeurs pour améliorer les notes ou pour favoriser un taux de réussite élevé.

Ensuite le collège a beaucoup de pouvoir pour déterminer le contenu des cours et la renommée de l’institution joue pour beaucoup dans la qualité du diplôme DEC. Le contrôle et l’inspection du ministère du Québec ou de la Tunisie semble moins forte (voire inexistante). Il n’y a pas d’inspecteurs qui vont évaluer les enseignants, le programme, le contenu ou les examens continus. Cette méthodologie de travail ne garantit pas la qualité de l’enseignement fourni dans un contexte tunisien.

Dans ce cas qui nous intéresse, le Collège québécois va inspecter une école tunisienne basée à Tunis pour décerner un diplôme donnant accès à l’université tunisienne. Ceci nous semble vide de tout sens et ne garantit aucune qualité de la formation des étudiants. Le diplôme du bac tunisien (ou français) qui donne accès aux mêmes universités en sera grandement diminué et marginalisé. Le principe de deux poids, deux mesures (contrôle continu léger versus concours sérieux) sera une atteinte directe, néfaste et lourde de conséquence à la souveraineté de la Tunisie »

Une affaire portée devant le Parlement

A terme la fuite en avant de l’Ecole Canadienne de Tunis inaugure un dangereux précédent. Tous les élèves pourraient s’engouffrer dans la brèche d’un système hors contrôle car hors concours. Le fossé entre riches et pauvres pourrait alors s’aggraver et la souveraineté de l’Education Nationale gravement compromise.  Le précédent créer par l’Ecole Canadienne de Tunisie est d’une gravité telle que le Syndicat National des Ecoles Privées a officiellement saisit le Président de la Commission de l’Education et de la Culture au sein de l’ARP.

Le collectif signataire de la lettre s’adresse au Ministre en ces termes : « Par conséquent nous vous demandons d’émettre un démenti officiel qui soit publié dans les plus brefs délais.

Et nous vous demandons aussi que seuls les diplômes issus de concours soient considérés et évalués par le ministère pour être reconnus comme équivalent au bac tunisien. Ainsi, le DEC ne devrait pas être reconnu en Tunisie »

Synthèse de la Rédaction / Entreprises Magazine

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