Emergence de startups : La Tunisie barra-t-elle la route au Maroc ?

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la loi Startup Act

La nouvelle loi « Startup Act » adoptée par la Tunisie rend la destination Maroc moins attractive.

L’APEBI tire la sonnette d’alarme et appelle les pouvoirs publics à prendre les mesures nécessaires pour s’aligner à la réglementation tunisienne dans la prochaine Loi de finances.

Avec la nouvelle loi « Startup Act » récemment adoptée, la Tunisie compte devenir la nouvelle destination des startups au niveau de continent africain. Une loi révolutionnaire qui vise à promouvoir les startups et à créer une dynamique économique. L’objectif, comme l’avait précisé le ministre des Technologies de la communication et de l’Economie numérique tunisien, Anouar Maârouf, est d’attirer les investisseurs et les promoteurs tunisiens résidents à l’étranger.

Toutefois, cette loi risque non seulement d’attirer les startups tunisiennes mais également marocaines, africaines voir même étrangères. Conséquences, après la fuite des cerveaux marocains (ingénieurs, chercheurs, informaticiens…), il serait question de fuite des startups qui constituent un réel vecteur de développement pour le pays.

La réglementation marocaine en matière de promotion des startups est, en effet, beaucoup moins attractive que celle qui vient d’être adoptée en Tunisie. En plus d’offrir de nombreux avantages, la nouvelle loi tunisienne permet de surmonter les freins qui entravent l’émergence des startups. Parmi les réponses apportées par cette loi, celle relative à la dotation en devises qui était extrêmement faible et qui empêchait les entreprises d’effectuer leurs achats de services à l’étranger.

Elle a également simplifié la procédure d’octroi des stock-options aux salariés des startups, qui faute de moyens, recourent généralement à cette solution. Cette pratique existe bel et bien au Maroc, mais c’est un casse-tête juridique extrêmement complexe.

Autre contrainte et pas des moindres que les autorités tunisiennes ont résolue est celle relative aux délais de paiement, talon d’Achille des startups. Là encore, le Maroc est à la traîne principalement en matière d’application de la loi relative aux délais de paiement.

L’écosystème des startups en danger

Face à cette nouvelle donne géopolitique, Mehdi Alaoui fondateur de Screendy et vice-président Pôle Start-Ups de l’APEBI (Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring), tire la sonnette d’alarme sur les répercussions de cette loi sur la compétitivité de notre pays.

« Au total, 18 initiatives ont été intégrées dans cette loi tunisienne qui va impacter la destination Maroc. Les conditions de développement des startups en Tunisie sont maintenant beaucoup plus favorables qu’au Maroc ce qui entrainera forcément une fuite des startups marocaines vers le pays voisin. Mais pas seulement, même les startups africaines et étrangères qui souhaitent s’installer en Afrique, opteront plus tôt pour la destination Tunisie », s’indigne-t-il.

En effet, malgré les valeurs ajoutées que le Maroc apporte notamment en matière de position géographique, de stabilité politique, d’écosystème dynamique…, force est de constater que l’écosystème des startups souffre de certaines limites. C’est pourquoi, l’APEBI appelle les pouvoirs publics à agir et agir vite et à s’aligner au contexte tunisien. « Il faut prévoir une réforme dans la prochaine Loi de finances non pas dans 3 ans qui est l’équivalent, dans l’écosystème des startups, de 30 ans. Nous avons raté pas mal de virages, il ne faut surtout pas rater celui des startups qui peuvent constituer un réel moteur de croissance pour notre économie », a précisé Mehdi Alaoui.

Dans ce sillage, et afin d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur les éventuels risques, l’APEBI a remonté au gouvernement un certain nombre de doléances dans le but d’accélérer la réforme.

Source : EcoActu

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