Carthage Alumni

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Kaïs MABROUK

La capitale de l’Afrique – Carthage – très tôt dans son histoire, a cru en son destin lié et indéfectible avec son continent. Les périples de Hannon en l’an 500 avant JC en témoignent grandement. Nous avons été les précurseurs dans la coopération et le commerce avec l’Afrique subsaharienne.

Entre autres, c’est de là que la république carthaginoise avait glané les ressources de sa puissance. A en observer le procédé commercial datant sur l’ensemble de la côte ouest du continent, on y décèle aisément l’adage du respect, de la dignité et de la confiance. Hélas, depuis, rien d’aussi structurant n’a été entamé jusqu’à l’avènement du combattant suprême, père de la Nation, Habib Bourguiba.

A la veille de l’indépendance et en qualité de premier chef du nouvel Etat, il a initié ses premières tournées internationales vers les pays co-continentaux.  Il a été l’un des artisans clés dans la création d’instruments panafricains de développement mutuel.

En 1963 il a grandement contribué au lancement de l’Organisation de l’Union Africaine à Addis-Abeba.  Il a fait jaillir en 1970 l’Agence de coopération culturelle et technique. Il avait une attache et un respect à notre continent et ses amitiés fortes avec Félix Houphouët-Boigny, Léopold Sédar Senghor, Hamani Diori, et Kwame Nkrumah, lui ont permis d’accroître l’influence de Carthage en Afrique. 

La Tunisie post colonial s’est tout de suite engagée avec la banque mondiale en endettant ses futures générations au profit du développement de la connaissance. Et elle ne l’a pas fait pour elle seulement. Dès les premiers jours et dans le cadre de la coopération scientifique avec plusieurs pays, elle a ouvert les portes de ses universités aux continentaux. Citons exemple la Mauritanie qui en 1960, a bénéficié d’un grand nombre de bourses pour ses étudiants. La majorité de ses cadres ont été formés sur le sol de Carthage.

La même coopération existe avec le Cameroun, la Côte d’ivoire, le Gabon…En me basant sur les quelques données que j’ai pu me procurer, j’estime à environ 100 mille le nombre des étudiants internationaux diplômés par la Tunisie (enseignement supérieur et formation professionnelle). Un vrai capital humain d’une valeur inestimable ; Un réseau sur lesquels notre pays et nos entreprises, pourraient bâtir dans un objectif de développement culturel, commercial, et diplomatique. Aujourd’hui on trouve des ministres, des anciens ministres, des écrivains, des journalistes, des hommes d’Etat, des architectes, des médecins, des ingénieurs, des comptables, des directeurs généraux dans le public et dans le privé…

Une vraie fierté pour la Nation. La Tunisie, à travers sa chancellerie, devrait créer des points de rencontre, recenser et impliquer ces talents de retour chez eux ou dans d’autres pays du monde. Idéalement sous l’impulsion du gouvernement ou de la présidence de la République, une structure publique/privée ou civile pourrait voir le jour afin de structurer ce capital inexploité et donner ainsi à la nation un accès à ces ambassadeurs de Carthage. 
En outre, Carthage est à reconstruire..

Kais MABROUK

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