Arthur Cheul : « OLEA Tunisie, leader du marché en courtage d’assurance et réassurance »

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Arthur Cheul DGA OLEA Tunisie

Interview avec Arthur Cheul, Directeur Général Adjoint – OLEA Tunisie.

En tant qu’acteur majeur panafricain des courtiers en assurance, quelle place occupe la Tunisie dans votre stratégie et quelles sont vos perspectives pour la branche ?

OLEA Tunisie s’est hissé à la première place des courtiers en Tunisie, imitant le groupe OLEA qui est le premier courtier panafricain, tant en termes de réseau qu’en termes de primes (hors Afrique du Sud qui est un marché très particulier).

En termes stratégiques, la Tunisie occupe une place de choix. C’est un pays trait d’union entre l’Europe et l’Afrique, un carrefour méditerranéen. Notre métier de courtier international consiste à accompagner les entreprises dans leurs projets de développement, qu’ils soient locaux, régionaux ou internationaux. Or la Tunisie dispose d’un tissu économique particulièrement dynamique, composé d’industries exportatrices, d’acteurs énergétiques, d’infrastructures et de services à forte valeur ajoutée.

Nous voyons dans ce marché un potentiel important, notamment dans l’accompagnement des entreprises tunisiennes qui se développent à l’international, mais aussi des groupes étrangers qui investissent en Tunisie. Nos perspectives sont donc claires : renforcer notre présence aux côtés de ces entreprises, structurer davantage les programmes internationaux, développer les lignes spécialisées (énergie, responsabilité civile, risques financiers, cyber) et continuer à élever les standards techniques du marché local.

La Tunisie n’est pas seulement un marché domestique pour nous : c’est une plateforme stratégique au sein du réseau OLEA, capable de servir de hub régional sur certaines expertises.

Comment conciliez-vous votre expertise de courtier global avec les attentes spécifiques des clients tunisiens en termes de personnalisation des produits ?

Pour un courtier comme OLEA Tunisie, la personnalisation est une réalité quotidienne. Nous sommes sollicités par nos clients précisément parce que les solutions standards du marché ne suffisent pas toujours à couvrir la complexité de leurs risques.

Notre valeur ajoutée repose sur un double ancrage : une parfaite connaissance du marché tunisien – de ses assureurs, de sa réglementation et de ses pratiques – et une capacité à mobiliser le réseau international d’OLEA ainsi que nos partenaires globaux. Cette combinaison nous permet de structurer des solutions sur mesure, adaptées à la taille, au secteur d’activité et à la stratégie de développement de chaque client.

Concrètement, cela signifie que nous analysons d’abord le risque en profondeur : audit, visite de risques, analyse des capitaux à assurer. À partir de cette cartographie, nous construisons des polices cohérentes, parfois avec des extensions spécifiques et, lorsque nécessaire, une articulation avec un programme master international en DIC/DIL.

Les entreprises tunisiennes ont des attentes très précises : maîtrise des coûts, lisibilité des garanties, rapidité de gestion en cas de sinistre. Notre rôle est donc aussi pédagogique. Nous traduisons des concepts techniques complexes – responsabilité civile professionnelle, pertes d’exploitation, cyber, D&O – en solutions compréhensibles et opérationnelles.

L’expertise globale ne s’oppose pas à la personnalisation locale ; au contraire, elle la renforce. Elle permet d’apporter au marché tunisien des standards internationaux tout en restant parfaitement aligné avec ses réalités économiques.

La pénétration de l’assurance reste faible en Afrique comparée à d’autres régions, quelles approches OLEA met-elle en œuvre pour accroître l’inclusion, notamment auprès des jeunes actifs et des petites entreprises ?

La faible pénétration de l’assurance en Afrique tient à plusieurs facteurs : culture du risque encore limitée, perception de l’assurance comme une contrainte plutôt qu’un outil stratégique, et parfois inadéquation des produits aux besoins réels.

Chez OLEA, notre approche repose sur trois axes.

Le premier est la pédagogie. Nous considérons que l’assurance est un levier de développement économique. Nous participons régulièrement à des évènements auprès des entreprises, des jeunes entrepreneurs et des incubateurs afin d’expliquer le rôle de l’assurance dans la protection du patrimoine, la sécurisation des financements et la pérennité de l’activité.

Le deuxième axe est l’adaptation des produits. Les petites et moyennes entreprises n’ont ni les mêmes besoins ni les mêmes capacités financières que les grands groupes. Nous travaillons donc avec les assureurs pour concevoir des solutions modulaires, évolutives, permettant une montée en gamme progressive à mesure que l’entreprise se développe.

Le troisième axe est l’accompagnement dans la durée. L’assurance ne doit pas être un acte ponctuel mais un processus continu d’ajustement. En accompagnant les jeunes actifs et les PME dès leurs premières étapes, nous contribuons à structurer leur gestion des risques et à intégrer la culture assurantielle dans leur stratégie de croissance.

Quels sont aujourd’hui les risques les plus sous-estimés par les entreprises tunisiennes (cyber, climat, supply chain) et comment les sensibilisez-vous à ces enjeux ?

Plusieurs risques émergents demeurent encore sous-évalués.

Le risque cyber est probablement le plus emblématique. Beaucoup d’entreprises pensent ne pas être concernées faute d’être des acteurs technologiques majeurs. Or toute entreprise qui traite des données, dépend de systèmes informatiques ou fonctionne avec des serveurs est exposée. Une interruption d’activité de quelques jours peut suffire à générer une perte financière significative et une atteinte à la réputation.

Le risque climatique constitue également un enjeu croissant. Les événements extrêmes deviennent plus fréquents et plus intenses. Les entreprises doivent intégrer cette réalité dans la conception de leurs infrastructures, la protection de leurs actifs et leur plan de continuité d’activité.

Enfin, la dépendance aux chaînes d’approvisionnement internationales a été mise en lumière ces dernières années. Une rupture logistique, une crise géopolitique ou une défaillance fournisseur peuvent entraîner des pertes d’exploitation majeures.

Notre rôle est d’anticiper. Nous réalisons des audits de risques, nous présentons des scénarios chiffrés d’impact potentiel et nous comparons les coûts d’une absence de couverture avec ceux d’une protection adaptée. Cette approche rationnelle, fondée sur l’analyse, permet aux dirigeants de percevoir l’assurance non comme une charge, mais comme un outil de gestion stratégique.

La mission d’un courtier moderne dépasse la simple intermédiation. Elle consiste à accompagner les entreprises dans une lecture prospective de leurs vulnérabilités et à leur fournir les instruments pour les maîtriser.

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