Anna Block Mazoyer : «La coopération entre la Suède et la Tunisie date depuis 1736 et incarne une collaboration exemplaire.»

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Anna Block Mazoyer Ambassadeur de Suède en Tunisie

Entretien exclusif avec son Excellence, Madame Anna Block Mazoyer – Ambassadeur de Suède en Tunisie

Votre excellence, peut-on considérer la visite d’État de Feu le Président Béji Caied Essebsi comme un vrai tournant dans les relations entre les deux pays ?

Cette visite d’État était la première effectuée par un Chef d’État de la région MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient) depuis une dizaine d’années. Il s’agissait donc d’une visite historique qui a engendré une reprise des liens diplomatiques et je tiens à saluer le travail colossal fourni par la Chargée d’affaires de l’époque Mme Fatma Omrani qui a, par la suite, été promue Ambassadeur de Tunisie à Stockholm. Une délégation d’entreprises tunisiennes était également présente pour tisser des liens avec les entreprises suédoises dans différents secteurs.

L’amitié entre la Suède et la Tunisie a été, de ce fait, renforcée mais les liens entre les deux pays sont plus anciens. Le premier traité de Paix et de Commerce date de 1736 ! La Suède a reconnu la Tunisie dès l’indépendance et les deux pays ont conclu un accord de coopération en 1963 qui a mené de nombreux projets jusqu’en 1982. 

Le premier président tunisien, Habib Bourguiba, s’est également rendu en Suède dans le cadre d’une visite d’État. Sa Majesté le Roi Carl XVI Gustaf, alors Prince Héritier, est venu en Tunisie en 1966 comme cadet, à bord d’un navire militaire et avait visité la ville de Kélibia, qui a d’ailleurs été la première ville tunisienne à bénéficier du support suédois pour le développement de plusieurs projets. 

Sous quelles formes la Suède apporte-t-elle son expertise et sa coopération à la Tunisie ?

 La Suède est présente en Tunisie sous diverses formes. La plus officielle est évidemment notre Ambassade qui assure les relations avec le Gouvernement tunisien et fait valoir l’expertise suédoise dans différents domaines, tout en promouvant les valeurs intrinsèques à l’identité de mon pays.

En tant que membre de l’Union européenne, la Suède, et donc l’Ambassade, contribue aux efforts pour renforcer les liens entre la Tunisie et l’Union européenne sous diverses formes : appui aux reformes tunisiennes, projets de coopération, actions de promotions culturelles, etc.

Mais il faut aussi savoir que la Suède est l’un des plus importants contributeurs à l’ONU et l’un des rares pays à remplir l’objectif des Nations Unies pour l’aide au développement (0,7 pour cent du RNB). La Suède a, par exemple, débloqué, en réponse à la pandémie Covid-19, 1 million de dollars pour le compte du Système des Nations-Unies en Tunisie. Nous sommes de ce fait, parmi les bailleurs de fonds de plusieurs projets gérés et implémentés par les agences onusiennes présentes en Tunisie. En ce temps du Covid-19, on peut mentionner un appui supplémentaire à l’OMS de 4 millions d’euros au niveau mondial ainsi qu’un don à l’UNICEF de 400.000 euros, qui seront utilisés pour la Tunisie.

Les projets de coopération en Suède sont tous centralisés et gérés par une instance  unique : Sida (the Swedish International Development Cooperation Agency) qui est responsable de la planification et de la mise en œuvre de ces programmes à travers le monde. Cette agence a des stratégies régionales.

Comment fonctionne le couple Ambassade et Chambre de commerce pour dynamiser le business entre les deux pays ?

Très bien ! le lancement de la Chambre a été la première priorité de notre Ambassade fraîchement implémentée. Nous travaillons en binôme pour être à l’écoute des besoins des entreprises suédoises en Tunisie et pour y répondre.

Nous organisons également des événements conjoints qui mettent en lumière l’expertise suédoise. Le premier événement «Global Deal» a été un grand succès et plusieurs personnalités de haut niveau se sont déplacées dont Ann Linde, l’actuelle Ministre des Affaires étrangères qui était à l’époque Ministre du Commerce extérieur. C’était un forum qui visait à échanger les expériences autour du thème «Comment le dialogue social peut-il contribuer à la croissance économique inclusive et au développement durable.»

Deux autres événements importants ont aussi été co-organisés. Le premier se penchait sur la question de l’égalité des genres dans le monde de l’entreprise et a été organisé en marge du Forum international sur l’égalité des genres organisé par la Tunisie et financé par la Suède.

Le dernier en date consistait à expliquer la stratégie suédoise en matière de sécurité routière à tous les acteurs concernés. Les accidents de la route sont un fléau qui touche toutes les nations et la Tunisie n’est malheureusement pas épargnée. Nous espérons en organiser d’autres dans les prochains mois malgré la situation actuelle.

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