
Le géant français de la fabrication électronique sous-traitée, Asteelflash, envisage de lancer prochainement une extension de sa filiale tunisienne, a annoncé Nicolas Denis, CEO du groupe lors d’une rencontre avec Salah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, ministre par intérim de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.
Implanté en Tunisie depuis 25 ans, le groupe y emploie entre 1 400 et 1 500 ingénieurs et cadres. Avec 18 sites de production à l’échelle mondiale, Asteelflash a dégagé en 2025 un chiffre d’affaires global de 900 millions d’euros, dont 15% sont générés par ses opérations tunisiennes, soit environ 135 millions d’euros.
Nicolas Denis a affirmé que la Tunisie représente pour le groupe un territoire stratégique à forte compétitivité, précisant que les profils formés par l’enseignement supérieur local répondent aux standards du marché du travail européen.
Lors d’une rencontre avec l’ancienne ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, le responsable avait précisé que l’extension envisagée portera sur un site de grande superficie consacré aux activités électroniques, avec des débouchés ciblés vers les industries automobile et aéronautique. Le groupe vise, à travers ce programme d’investissement, un doublement de son chiffre d’affaires et de ses exportations, accompagné de la création de nouveaux postes.
Pour soutenir cette montée en capacité industrielle, Asteelflash Tunisie et l’Agence Nationale pour l’Emploi et le Travail Indépendant (ANETI) ont conclu un accord de coopération, signé par Dragan Persic, anciennement directeur général de la filiale tunisienne et COO du groupe, et Hatem Dahmen, directeur général de l’ANETI, au siège du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Cet accord prévoit le recrutement de plus de 400 diplômés issus de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur dès 2026, et de plus de 1 500 collaborateurs sur une période de trois ans. Les profils recherchés couvrent plusieurs domaines, dont la finance, la comptabilité, l’informatique, les services ainsi que les métiers techniques de l’électronique.
Cette offensive industrielle d’Asteelflash intervient dans un contexte où les autorités tunisiennes cherchent à rehausser structurellement la compétitivité du secteur électronique national. En avril 2026, le ministère de l’Industrie a lancé les travaux relatifs à la « Charte de compétitivité du secteur des industries électroniques à l’horizon 2030 », une feuille de route dont les objectifs quantifiés sont ambitieux. Le document vise à porter les exportations du secteur à près de 5 milliards de dinars et à générer 10 000 emplois qualifiés, avec l’objectif consistant à faire progresser la valeur ajoutée sectorielle de 22% à 40% d’ici 2030.











