Intelligence in Business and Industry : La Tunisie ne peut plus se permettre de former pour un monde qui disparaît

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APII Tunisie

Lors de la 3ème édition de la conférence internationale « Intelligence in Business and Industry » des experts et responsables institutionnels ont alerté quant au retard structurel du système de formation tunisien face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle et de l’automatisation.

Selon les chiffres du Forum Economique Mondial (WEF), 170 millions d’emplois sont attendus à l’échelle mondiale d’ici 2030, quelque 39 % des compétences professionnelles aujourd’hui opérationnelles seront alors dépassées.

Pour la Tunisie, qui compte un taux de chômage atteignant 22,5 % chez les diplômés de l’enseignement supérieur, les travaux du panel ont mis en lumière l’ampleur du décalage entre une offre universitaire encore largement théorique et les exigences concrètes qu’impose désormais l’économie numérique. Le pays affiche une production scientifique notable, mais se révèle incapable de la transformer en brevets déposés ou en innovations industrielles valorisables.

Selon Omar Bouzouada, Directeur Général de l’APII, la Tunisie recense environ 5 000 entreprises industrielles employant au moins 10 personnes, lesquelles concentrent près de 520 000 emplois et génèrent approximativement 50 milliards de dinars de recettes à l’exportation.

Trois verrous structurels obèrent la transition numérique, selon l’analyse collective du panel. Le premier tient à une culture d’entreprise et institutionnelle encore peu préparée au rythme des disruptions technologiques. Le deuxième réside dans un accès aux données demeurant morcelé et insuffisant pour alimenter des dynamiques d’innovation. Le troisième renvoie à l’absence d’une gouvernance unifiée capable de faire converger les acteurs de la formation, de la recherche et de l’industrie autour d’objectifs communs.

C’est précisément pour répondre à ces blocages que la stratégie industrielle nationale à l’horizon 2035 a placé la transformation numérique et l’Industrie 4.0 au premier rang de ses priorités. L’APII, chargée de mettre en œuvre la politique industrielle de l’État, a présenté à cette occasion plusieurs chantiers en cours ou imminents. Parmi eux figure le lancement prochain de l’outil TIMA, conçu pour distinguer les entreprises engagées activement dans leur transformation industrielle. S’y ajoutent la création de masters spécialisés en intelligence artificielle, développés conjointement avec le ministère de tutelle et l’ONUDI, ainsi que le déploiement d’une plateforme d’autodiagnostic à destination des entreprises, destinée à cartographier leurs besoins en formation et en digitalisation. Un hub Industrie 4.0, visant à fédérer les mondes de l’innovation, de la recherche et de la production, viendra compléter ce dispositif.

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