
La Tunisie, l’Algérie et la Libye ont officialisé leur engagement commun autour de la gestion du Système Aquifère du Sahara Septentrional (SASS), en apposant leur signature sur un document baptisé « Déclaration de Tripoli ».
Le texte engage les trois États à adopter une exploitation « rationnelle et équitable » de cette immense réserve d’eau fossile qui s’étend en profondeur sous leurs territoires respectifs.
Le SASS figure parmi les plus vastes réservoirs d’eau souterraine recensés à l’échelle mondiale et renferme plus de 40 000 milliards de mètres cubes d’eau fossile, une ressource non renouvelable dont la répartition géographique est loin d’être homogène entre les trois pays signataires. L’Algérie concentre un peu moins des deux tiers des réserves totales, la Libye en détient environ un tiers, tandis que la Tunisie ne dispose que de 8 % du volume global sous son sol.
L’accord donne corps à un mécanisme de consultation permanent, dont le principe avait été arrêté dès 2024 par les présidents Kaïs Saïed, Abdelmadjid Tebboune et Mohamed El Menfi. Ce dispositif de gestion trilatérale repose sur l’attribution à chaque pays, sur la base de modélisations mathématiques, d’un quota d’extraction individuel destiné à prévenir tout épuisement prématuré de la nappe. Il prévoit également un suivi en temps réel des niveaux d’eau et des risques de contamination environnementale.
La prolifération des forages, dont certains atteignent désormais 1 000 mètres de profondeur, a sensiblement accéléré le rythme des prélèvements dans les trois pays. La coordination trilatérale vise précisément à endiguer cette tendance avant qu’elle n’atteigne un seuil irréversible pour une ressource que les hydrologues qualifient de non renouvelable à l’échelle humaine.











