Réglementation des changes : Le verrou que la CONECT veut faire sauter pour attirer les investisseurs en Tunisie

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Réunie en conseil d’administration, la Confédération des Entreprises Citoyennes Tunisiennes (CONECT) a formulé une série de recommandations économiques urgentes, ciblant à la fois les rigidités structurelles du cadre réglementaire tunisien et les risques croissants liés aux tensions géopolitiques dans le détroit d’Hormuz. L’organisation patronale appelle à une libéralisation graduelle du régime de change et à une réponse concertée pour protéger les PME tunisiennes d’un choc externe potentiellement sévère.

Au cœur des préoccupations exprimées par le conseil d’administration de la CONECT figure le code des changes en vigueur, dont l’organisation considère qu’il constitue le principal obstacle à l’attractivité de la Tunisie en tant que destination pour les investisseurs et à la montée en compétitivité de son tissu économique. Pour y remédier, la confédération préconise une démarche de libéralisation progressive de la réglementation des changes, qu’elle présente comme un préalable incontournable à l’assainissement de l’environnement des affaires.

La réunion a également été l’occasion pour la CONECT d’analyser les répercussions potentielles sur l’économie tunisienne des tensions persistantes dans le détroit d’Hormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite environ un cinquième de la production pétrolière mondiale ainsi qu’une part substantielle du gaz naturel liquéfié acheminé sur les marchés internationaux. Selon la confédération, cette situation expose la Tunisie à un choc énergétique de grande ampleur, dont les effets se feraient rapidement sentir à plusieurs niveaux de l’activité économique nationale.

Les PME, épine dorsale du tissu productif tunisien, figurent parmi les acteurs les plus exposés aux retombées de cette crise. La CONECT souligne dans son communiqué qu’une hausse brutale des prix de l’énergie et des carburants viendrait directement éroder leur compétitivité et menacer leur viabilité financière. À ce risque s’ajoutent une inflation importée susceptible de comprimer la demande intérieure et le pouvoir d’achat des ménages, ainsi que des disruptions logistiques entraînant un renchérissement des coûts de transport et des approvisionnements en matières premières.

La CONECT pointe également une détérioration prévisible de la trésorerie des entreprises, aggravée par la fragilité des conditions d’accès au financement bancaire. La confédération avertit par ailleurs que la pression exercée sur les finances publiques via le mécanisme de compensation pourrait conduire à une contraction des crédits alloués au secteur privé, créant ainsi un effet d’éviction aux conséquences potentiellement durables pour l’investissement productif.

Face à ces défis, le conseil d’administration a plaidé pour un renforcement de la coopération entre les structures représentatives du secteur économique, ainsi que pour une intensification des programmes de formation et de mise à niveau destinés aux PME, en particulier dans les domaines de la transformation numérique et de la transition écologique, deux leviers identifiés comme essentiels à la modernisation du tissu entrepreneurial tunisien.

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