
La mission permanente de la Tunisie à Genève a pris part à une réunion d’information consacrée à l’économie des territoires palestiniens occupés, organisée par la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), qui a présenté son dernier rapport évaluant le coût cumulé de l’occupation sur la période 2000-2024.
Les échanges ont porté sur l’ampleur des dégâts économiques enregistrés présentée dans le dernier « Rapport sur l’assistance de la CNUCED au peuple palestinien : évolutions de l’économie du Territoire palestinien occupé », évaluant le coût cumulé de l’occupation sur la période 2000-2024.
« La crise économique qui en a résulté figure parmi les 10 pires que le monde a connues depuis 1960 ; la situation à Gaza est unique, puisqu’il s’agit de la crise économique la plus grave jamais enregistrée. », souligne la CNUCED.
Le produit intérieur brut (PIB) du Territoire palestinien occupé s’était réduit en 2024 à 70 % de son niveau de 2022, avec une contraction de la production de 27 % par rapport à 2023, ce qui a entraîné une baisse de 33 % du PIB par habitant par rapport à 2022 et une baisse de 28 % par rapport à 2023. Fin 2024, le PIB par habitant était ainsi retombé à son niveau de 2003, effaçant 22 années de progrès économique en seulement 15 mois.
Le document chiffre à 212 milliards de dollars les pertes subies sur ces 24 années.
Si la dégradation a été sévère dans l’ensemble de la Palestine, Gaza a subi l’impact le plus dévastateur, estime la CNUCED, qui souligne que la crise économique dans cette enclave figure parmi les contractions économiques les plus marquées de l’histoire récente et qu’elle est la plus grave jamais enregistrée d’après la base de données du Uppsala Conflict Data Programme.
En 2024, le PIB de Gaza a reculé de 83 % par rapport à 2023, après une forte diminution déjà l’année précédente, et le PIB par habitant est tombé à 161 dollars, l’un des plus faibles au monde et seulement 6,4 % du sommet atteint en 2005. Les restrictions sur l’entrée de biens humanitaires et commerciaux ont entraîné une flambée de l’inflation à 238 %, tandis que le chômage a atteint 80 %, un manque massif d’emplois qui, conjugué à la hausse des prix, a plongé l’ensemble de la population de Gaza sous le seuil de pauvreté.
L’impact cumulé des bombardements entre octobre 2023 et mai 2025 a entraîné une baisse de 73 % de la luminosité nocturne, un indicateur de l’affaiblissement de l’activité économique, et en avril 2025, 70 % des structures à Gaza avaient été endommagées, ce qui a conduit le Programme des Nations unies pour le développement à estimer les besoins liés à la reconstruction à plus de 70 milliards de dollars.
Dans l’ensemble du Territoire palestinien occupé, le coût de la vie a augmenté, l’indice des prix à la consommation ayant progressé de 54 % en 2024, aggravant ainsi la crise de rareté et d’accessibilité, et en octobre 2024, la moitié de tous les Palestiniens en recherche d’emploi étaient au chômage, contre 24 % en 2022.
La situation budgétaire s’est fortement détériorée après octobre 2023, faisant de 2024 l’une des années les plus difficiles pour le Gouvernement palestinien, l’insuffisance des recettes, la rétention des transferts fiscaux, la contraction de l’économie et la diminution de l’aide extérieure ayant aggravé la crise. Les pressions budgétaires ont persisté en 2025 et mettent à l’épreuve la capacité du Gouvernement à maintenir les services essentiels et la stabilité macroéconomique, sachant qu’entre janvier 2019 et avril 2025, le montant cumulatif des prélèvements fiscaux et des recettes retenues a été supérieur à 1,76 milliard, soit 12,8 % du PIB de 2024 et 44 % du montant total des recettes nettes.
L’Indice de développement humain palestinien devrait reculer de 0,716 en 2022 à 0,643 en 2024, effaçant ainsi un quart de siècle d’avancées durement acquises, et selon les estimations, plus de 69 années de développement humain ont déjà été perdues à Gaza.
Dans son intervention, la mission tunisienne a mis en avant les conclusions du rapport, soulignant l’impact économique, social et humanitaire de la situation, et a notamment évoqué l’affaiblissement des capacités productives, les restrictions affectant la circulation des personnes et des marchandises, la progression du chômage ainsi que les dégâts subis par les infrastructures de santé et d’éducation, selon un communiqué de la mission permanente de la Tunisie à Genève.
La délégation tunisienne a également estimé que l’action internationale ne devrait pas se limiter aux seuls financements de reconstruction et a rappelé la nécessité d’un appui à une solution garantissant les droits du peuple palestinien, réaffirmant le soutien de la Tunisie à l’établissement d’un État palestinien indépendant et souverain avec Al Qods pour capitale.










