Tunisie : Fitch Ratings confirme la note « B- » et retire le pays de sa liste sous-observation

0
761
Fitch Ratings Tunisie

L’agence Fitch Ratings a confirmé la note de crédit à long terme de la Tunisie à « B- » et lui a attribué une évaluation de recouvrement (Recovery Rating) fixée à « RR4 ». Dans ce contexte, Fitch a également retiré la Tunisie de la liste des pays sous-observation Under Criteria Observation (UCO).

Cette décision s’inscrit dans une mise à jour méthodologique opérée par l’agence, fondée sur ses nouveaux critères de notation souveraine publiés en septembre 2025, qui introduisent pour la première fois des hypothèses explicites de recouvrement dans l’analyse de la dette publique.

Les émissions de dette senior non garantie à long terme conservent ainsi une notation alignée sur la note de défaut souverain Issuer Default Rating (IDR) à long terme en devises étrangères de la Tunisie. Fitch estime que, dans l’hypothèse d’un défaut, les perspectives de recouvrement seraient dans une fourchette moyenne, en l’absence d’éléments spécifiques susceptibles d’améliorer sensiblement le taux de recouvrement pour un État souverain. C’est sur cette base que la note RR4 a été attribuée.

Dans son analyse, Fitch accorde une place importante aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), en particulier à ceux liés à la gouvernance. La Tunisie obtient à ce titre un score de pertinence ESG de « 5 » (sur une échelle de 1 à 5, où 5 est le plus faible) pour les catégories « Stabilité politique et droits », « État de droit », « Qualité institutionnelle et réglementaire » et « Contrôle de la corruption ». Ces évaluations s’appuient largement sur les indicateurs de gouvernance mondiale de la Banque mondiale intégrés au modèle de notation souveraine de l’agence. Le pays se situe au 36e centile de ces indicateurs, un niveau qui traduit une stabilité politique limitée, un affaiblissement des droits de participation et de l’état de droit, ainsi qu’une capacité institutionnelle et un contrôle de la corruption jugés modérés.

Fitch précise que le pays est exposé à plusieurs facteurs de risque et pourrait dégrader sa notation si les besoins de financement budgétaire ne diminueraient pas. Des pressions accrues sur les équilibres extérieurs, se traduisant par une érosion des réserves de change au-delà des anticipations ou par une dépréciation prononcée de la monnaie, constitueraient également un facteur défavorable.

À l’inverse, une amélioration de la note serait envisageable si la Tunisie parvenait à inscrire dans la durée une réduction du déficit budgétaire et du ratio de dette publique/PIB, soutenue par une crédibilité accrue des politiques économiques et un engagement plus ferme dans la mise en œuvre des réformes. Sur le plan extérieur, une accumulation continue des réserves de change, portée par une réduction supplémentaire du déficit du compte courant et par un accès facilité à des financements extérieurs durables, serait également susceptible de soutenir une amélioration de la notation.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here