
Le Conseil du Marché Financier (CMF) vient de dévoiler sa stratégie pour l’année 2026 visant à renforcer le dispositif national de prévention et de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes.
Cette feuille de route s’inscrit dans le cadre de l’exercice de ses missions légales visant à préserver l’intégrité et la transparence du marché financier tunisien et à soutenir les efforts nationaux, en conformité avec les standards internationaux et les recommandations du Groupe d’action financière.
La stratégie adoptée repose d’abord sur l’ancrage d’une supervision fondée sur l’évaluation des risques comme principe structurant de l’action du régulateur. Cette approche vise à concentrer les interventions de contrôle sur les segments d’activité et les acteurs les plus exposés, à travers le développement d’outils d’analyse sectorielle et de mécanismes d’alerte précoce, dans une logique de réduction des vulnérabilités et de maîtrise des risques systémiques.
Le deuxième volet concerne l’amélioration de la qualité du dispositif de prévention au sein des intervenants du marché. Le CMF entend accompagner le passage d’une conformité essentiellement déclarative vers une gouvernance orientée par les risques, en assurant le suivi effectif des plans d’action issus des missions de contrôle, en consolidant le rôle des fonctions de conformité et de contrôle interne et en multipliant les actions de sensibilisation. Cette démarche inclut également la diffusion régulière d’alertes sur les risques émergents et la promotion de solutions numériques dédiées à la connaissance du client et à la surveillance des opérations.
Le régulateur prévoit le déploiement de programmes de formation ciblés au bénéfice de ses propres cadres et des professionnels du marché, ainsi que la préparation et la publication de guides sectoriels. L’objectif est d’harmoniser l’interprétation et la mise en œuvre des exigences réglementaires et d’installer durablement une culture de conformité au sein de l’écosystème financier.
L’amélioration du reporting vise à accroître la fiabilité et la pertinence des déclarations d’opérations suspectes, à garantir le respect des délais légaux et à renforcer la contribution des entités assujetties aux signalements transmis à la Commission Tunisienne des Analyses Financières. Elle prévoit également le développement des capacités d’analyse financière, une coordination renforcée avec les autorités judiciaires, sécuritaires et de contrôle, ainsi que l’investissement dans des outils numériques et des dispositifs d’alerte anticipée.
Le CMF accorde par ailleurs une attention particulière à l’effectivité des sanctions financières ciblées. Cette orientation passe par l’évaluation de l’efficacité des systèmes de filtrage au regard des listes nationales et internationales, la mise en œuvre immédiate des mesures de gel sans notification préalable, l’intégration de ces exigences dans les programmes de contrôle et de formation et l’actualisation des matrices de risques sur la base des résultats de l’évaluation nationale des risques prévue pour 2025, dans une optique de consolidation de la crédibilité du dispositif tunisien.








