Les pouvoirs publics doivent agir vite et bien

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L’éditorial de Noureddine Hajji, Associé Directeur Général d'EY Tunisie

 

Le Baromètre EY des entreprises en Tunisie, né en 2011, nous offre avec sa  nouvelle  édition  2018  la  possibilité  de  faire  des  analyses  sur  des  périodes  plus  longues  et  de  dégager  des  tendances  lourdes  sur  l’ensemble  de  la  période post-révolution, qu’il importe de faire ressortir. D’abord,  la  forte  résilience  des  entreprises  tunisiennes  face  à  l’adversité.  Nous les pensions fragiles, peut-être parce que leur taille le suggérait. Elles ont, bien au contraire, démontré sur le terrain de fortes capacités à résister aux  aléas  sécuritaires,  aux  soubresauts  sociaux,  aux  dysfonctionnements  des  chaines  logistiques  et  aux  multiples  perturbations  tout  court  pendant  la période qui a suivi les événements du 14 janvier 2011. Elles ont ensuite fait  preuve  d’agilité  pour survivre  et  s’adapter  au  mieux  pendant  des  années durant à l’instabilité politique et à un contexte économique et social résolument hostile à la conduite normale des affaires et à l’investissement. En réalité, nos entreprises n’ont pas fait que résister à l’adversité. Elles ont fait  bien  mieux.  Elles  ont  continué  tout  au  long  de  ces  années  à  faire  de  la  croissance,  à  investir,  à  intensifier  et  développer  leur  présence  sur  les marchés internationaux et à se projeter, en somme, dans un avenir meilleur.

 

La  réalité,  aussi,  est  que  la  compétitivité  de  nos  entreprises  et  la  bonne  volonté de leurs dirigeants pour aller encore de l’avant commencent à être rattrapées  par  l’effet  pervers  d’une  conjoncture  politique,  économique  et  sociale  résolument  défavorable  et  une  incapacité  des  pouvoirs  publics  pendant  des  années  durant  à  offrir  des  conditions  propices  à  la  conduite  normale des affaires et un cadre rassurant l’investissement. Notre   baromètre   a   fait   apparaitre,   depuis   2016   déjà,   des   signes   d’essoufflement  des  entreprises.  Le  baromètre  2018  confirme  que  leur capacité de résilience en a pris un sérieux coup. Le  message  qui  en  ressort  est,  on  ne  peut  plus  clair :  Les  pouvoirs  publics  doivent agir vite et bien pour que les choses changent vite et bien si on veut préserver l’ultime source de création de richesses dans le pays et le pivot de la prospérité économique et sociale tant recherchée : l’entreprise privée. On ne peut pas s’empêcher de penser, au vu de ce que nos entreprises sont en train d’accomplir, à ce qu’elles seraient capables de faire si l’étau qui les ligote est desserré et leurs énergies libérées.


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