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Mansur Zhakupov : Directeur Général de Total Tunisie

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Entretien exclusif avec Mansur Zhakupov Directeur Général de Total Tunisie « Nous allons poursuivre ce programme stratégique de modernisation des stations du réseau Total quand les marges le permettront »


Vous arrivez à la tête Total Tunisie au moment où la compagnie est encore engagée dans un vaste programme de modernisation


Tout à fait. Nous allons poursuivre ce programme stratégique de modernisation des stations du réseau Total et construire de nouvelles stations. Mais il faut savoir que notre activité en Tunisie ne se limite pas seulement à la distribution de carburant à travers notre réseau de stations de service. Nous sommes aussi présents au niveau des aéroports et sommes également fournisseurs d’entreprises aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé en livrant des carburants et des lubrifiants. Total Tunisie est encore présente sur le marché du GPL (bouteilles de gaz pour des usages divers : chauffage, cuissons etc…) et nous commercialisons également des lubrifiants.


Il est vrai que la partie la plus visible de nos différentes activités se reflète dans les stations de service, segment dans lequel nous avons beaucoup investis durant ces dernières années. Le problème posé par ces investissements est qu’ils ne sont pas rentables. La rentabilité des capitaux mobilisés en Tunisie est très faible par rapport aux objectifs tracés par les investisseurs. Le domaine de distribution des carburants est un domaine stratégique par excellence. C’est une activité stratégique dans la mesure où nous devons assurer la disponibilité du produit et la qualité du produit, je pense notamment au cas de figure du ravitaillement d’un avion. De ce point de vue nous avons des engagements et des responsabilités très claires. En outre, beaucoup de risques sont associés à notre activité. Nous sommes confrontés à des risques technologiques et industriels dans le cas des dépôts pétroliers où sont stockés des dizaines de milliers de mètres cubes de produits inflammables ; ce n’est donc pas une mince affaire. C’est le cas aussi du transport entre les dépôts et les stations de services. Ce transport à l’aide de camions citerne est régit par des
standards de sécurité très élevés.


Pourquoi les investissements ne sont pas rentables ?


C’est principalement dû à la question des marges. Aujourd’hui la STIR a le monopole de l’importation des différentes catégories de carburant, gasoil sans souffre, essence mais produit aussi du gasoil. La STIR fournit du carburant aux sociétés de distribution en appliquant le prix fixé par l’Etat. Ensuite viennent s’ajouter les taxes, les marges et les coûts de transport. Au final les marges des sociétés de distribution pour un produit comme l’essence commercialisé à 1D750 en TTC la marge des distributeurs est de 60 millimes ! Nous sommes donc dans une fourchette oscillant entre 3 et 4%. C’est une proportion également valable pour les produits gasoil. Les marges en Tunisie fixées par l’Etat sont parmi les plus faibles de l’Afrique, trois à quatre fois inférieures à la moyenne africaine. Dans un pays du Maghreb, à titre d’exemple, elles sont quatre à cinq fois plus élevées.


Est-ce que la taille de votre réseau peut amortir en partie la faiblesse des marges à la pompe ?


Non. Il y a certes des économies d’échelle portant sur des frais fixes. L’effet réseau ne change malheusement pas la donne au niveau des marges. Néanmoins nous bénéficions d’une très bonne écoute de la part des pouvoirs publics. Aujourd’hui nous demandons une augmentation de 10 millimes. Mais après cette écoute il y a très peu d’actions concrètes. Au final, c’est le consommateur qui paie. La profession pour sa part ne demande nullement que la marge soit augmentée au détriment de l’Etat. Et depuis 2011 les augmentations de marges qui nous on été concédées par l’Etat n’étaient pas suffisantes pour compenser l’inflation salariale, les couts de maintenance ou encore d’équipements dont la plupart importés nous pénalisent en raison du glissement du dinar. Le schéma idéal serait une libéralisation du marché soutenue par une forte croissance économique


Comment les choses sont-t- elles perçues du point de vue de Total


Total est présente en Tunisie depuis près de 70 ans et ce, sur plusieurs segments d’activité. Cela étant dit, nous observons les premiers signes de reprise de l’activité économique en Tunisie et espérons que les reformes engagés par le pays permettent de retrouver le chemin de la croissance. Le marché des carburants et des lubrifiants en sera certainement bénéficiaire. Dans ce contexte, le premier objectif de Total Tunisie est de préserver ses parts de marché, 30% dans le GPL, 20% dans les carburants, etc. Mais notre ambition est surtout d’augmenter nos parts de marché. Pour cela nous voulons que le client perçoive réellement la différence entre nos offres et celles des concurrents aussi bien sur la partie services que sur les produits. Sur la partie réseau, notre stratégie s’est appuyée sur un programme de transformation et de repositionnement des stations de service en un lieu de vie. Aujourd’hui et dans la conception de Total, une station de service est un lieu de vie et une authentique expérience client comportant une très nette amélioration des services hors carburants. Nous voulons offrir les meilleures boutiques du pays en termes de merchandising et de qualité.
Notre nouveau positionnement est celui d’une grande chaîne à l’instar de Carrefour avec des partenariats dans la restauration. Notre objectif c’est d’avoir à fin 2017, un réseau de 12 stations qui comprennent un café portant l’enseigne Alta. En parallèle, nous allons tester le concept de Drive.


Total Tunisie, c’est aussi beaucoup de RSE ?


Notre engagement en matière de responsabilité sociale va bien entendu se poursuivre. Et nous allons travailler sur des axes où nous sommes légitimes à savoir la sécurité et notamment la sécurité routière, tout ce qui a trait à l’environnement et au climat, le 3ème axe est en rapport avec le patrimoine culturel et enfin un dernier axe qui nous est particulièrement chère en l’occurrence, l’insertion professionnelle des jeunes.


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