Fares Khiari : fondateur et animateur ‘‘Up To Business’’

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Fares KHIARI : « L’émission et tout le projet sont dédiés à l’employabilité et à l’entreprenariat»

Entretien avec Fares Khiari, fondateur et animateur de ‘‘Up To Business’’

Vous prétendez faire la radio autrement… ?

C’est en partant d’un constat relatif à un problème d’absence de culture d’entreprise et l’existence d’un blocage au niveau de l’insertion des jeunes dans la sphère professionnelle,  que j’ai eu l’idée de continuer sur cette voie en donnant un nouveau souffle au concept pour sensibiliser les jeunes sur leur plan de carrière, en produisant une émission radio qui est entièrement dédiée à l’employabilité et à l’entreprenariat, afin d’accorder aux jeunes chercheurs d’emploi et entrepreneurs un espace qui leur permettra de mieux s’informer et de s’éduquer professionnellement.
C’est donc ainsi que l’émission «Up To Business», produite par le Société Innovation Business Network (IBN), a vu le jour le 20 janvier 2016, grâce au soutien de Radio Jawhara FM qui a fermement cru en ce projet.
Au-delà d’une émission radio, le projet «Up To Business» c’est également un site web (www.uptobusiness.tn) dédié à toutes les thématiques abordées lors de l’émission.
Un an après le lancement de l’émission et du site web et après avoir constaté que bien que ce projet leur soit entièrement dédié, les jeunes restent complétement déconnectés et indifférents face à l’importance qu’ils doivent accorder à leur projet de carrière et en remarquant que la réactivité et les questionnement viennent soit des professionnels, soit des parents, mais rarement des jeunes avertis, j’ai eu l’idée de développer le projet et d’aller vers eux en leur apportant toute l’expertise dont ils ont besoin pour bien élaborer leurs CV ou encore le développement de leur fibre entrepreneuriale. J’enchaîne, donc, aujourd’hui avec le concept «Up To Business Road Show», qui se tiendra dans les ISET pendant deux ans, conformément à la convention signée avec la Direction Générale des Etudes Technologiques, tout en s’inscrivant en tant qu’action du programme des Centre de Carrières et de Certification des Compétences (4C) récemment lancé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique dans le cadre de l’Ouverture de l’Université sur l’environnement Professionnel.
Ainsi, nous avons réussi à développer le projet en partant d’une émission radio, pour ensuite entamer un Road Show, le tout en rassemblant des partenaires institutionnels, des partenaires techniques et financiers, dans le seul but de servir les jeunes en matière de savoir et d’amélioration de leur employabilité.
Donc, c’est en partant de là que je dis que Oui, je fais la radio autrement simplement en étant un Jeune entrepreneur dans les médias.


Vos émissions sont toujours focalisées sur les Start-up et l’entreprenariat ?

Effectivement, et ce fut un choix de dédier la deuxième saison d’Up To Business à l’Entrepreneuriat. En effet, et comme déjà évoqué, l’émission et tout le projet sont dédiés à l’employabilité et à l’entreprenariat.
Si la première saison, s’est focalisée sur ces deux volets avec le concept «Bi3 Ro7ik» pour susciter l’intérêt des jeunes diplômés pour ensuite leur faire comprendre qu’ils doivent savoir vendre leurs compétences devant un recruteur ou un bailleur de fonds (dans le cas des entrepreneurs) ; j’ai opté de faire un focus sur l’entreprenariat en dédiant cette deuxième saison à ce volet qui ne cesse de prendre de l’ampleur au sein du tissu économique national.
Avec nos partenaires, le programme Thniti by CONECT & QFF et le leader de la micro finance en Tunisie Enda, nous œuvrons à mettre en exergue les parcours et expériences des entrepreneurs qui réussissent à mettre sur pied leurs projets, mais surtout les obstacles et les difficultés qu’ils ont dû braver pour donner vie à leurs projets, qui ont non seulement résolu leur problème de chômage mais aussi celui des employés qu’ils recrutent.
C’est donc principalement pour cela que cette année je me suis centré sur l’entreprenariat, mais aussi pour prouver que les médias sont là pour faire entendre la voix de ces jeunes Start-uppeurs et contribuer à la résolution de certaines problématiques qui freinent la croissance des Start-up.

C’est pourtant l’hiver pour les Start-up en  Tunisie ?

On ne peut dire mieux… Malheureusement !
Malgré les initiatives prometteuses des jeunes Start-uppeurs, qui regorgent de créativités et d’ambitions, nous ne pouvons nier le calvaire qu’ils sont en train de vivre au quotidien.
En me reposant sur les expériences, des entrepreneurs qui ont été les invités d’Up To Business, je ne peux expliquer cela que par le fait que jusqu’à ce jour le tissu économique national rejette les Start-up et les considère comme une composante défaillante, à commencer par les banques qui ne cessent de leur mettre des bâtons dans les roues et refusent de les appuyer financièrement sous prétexte que le projet n’est pas générateur de revenus, alors que les sous entendus révèlent qu’il y a toujours une aversion face à l’innovation et à la création. Quand on sort des projets classiques personne ne veut prendre le risque et c’est ainsi que chaque intervenant contribue à l’échec ou au déclin du projet en question.
D’autre part, nous avons la fameuse administration avec sa lourdeur bureaucratique qui est en complète contradiction avec les initiatives et les procédures annoncées par le Gouvernement et les organismes de tutelle pour booster l’initiative privée. Et d’ailleurs, en me reposant sur tous les cas qui défilent devant moi, je ne cesse de me poser la question suivante : «Comment peut-on expliquer le fait que, d’une part le Gouvernement incite à l’initiative privée et d’une autre part, reste de marbre face aux blocages administratifs dont tout le monde se plaint et qui font disparaître des projets avant même qu’ils ne voient le jour ? De quelle initiative privée parlons-nous, si dans le concret rien de tout ce qui est annoncé par les décideurs n’est appliqué par les fonctionnaires ? »

Vous avez dit l’hiver, moi je dirais c’est l’Enfer pour les Start-Up !  
Mais, je garde l’espoir de les voir se prélasser au soleil, dans un futur proche.

 

 


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